ÉQUINOXE D’AUTOMNE 2026
#35
UNE MISE SUR ORBITE
TOUR MOHAMMED VI
Rabat, MAROC
8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe
MAÎTRISE D’OUVRAGE
O Tower / Colliers
MAÎTRISE D’ŒUVRE
ENTREPRISES MANDATAIRES
BESIX TGCC
Architectes
Rafael de La Hoz
Architectes
CHB architects
Architecte d’intérieur
Pierre-Yves Rochon
Concepteurs multimédia
Artisans d’idées
À Rabat, la Tour Mohammed VI s’élève comme un nouveau repère dans le paysage de la vallée du Bouregreg. Haute de 250 mètres, sa silhouette élancée et organique, imaginée par les architectes Rafael de La-Hoz et Hakim Benjelloun, accompagne la transformation de la capitale marocaine et de son territoire. Réalisée par le groupement BESIX-TGCC, la tour accueille un programme mixte réunissant bureaux, hôtel, appartements, espaces de réception et observatoire.
À l’intérieur, l’architecture et la décoration imaginées par Pierre-Yves Rochon prolongent cette identité dans un dialogue entre savoir-faire marocain et design contemporain. Le projet lumière accompagne les matériaux, les textures et les détails artisanaux, révélant notamment les zelliges, les ouvrages en laiton, les boiseries et les éléments textiles qui composent les différents espaces.
Le projet lumière de la façade cherche à révéler cette architecture sans la surcharger. À la tombée de la nuit, une lumière chaude émerge progressivement depuis la base de la tour et accompagne son élancement. Les lignes lumineuses soulignent la finesse de la façade et révèlent, dans une succession de nuances, la verticalité et la géométrie de ses épines. La lumière accompagne ainsi naturellement le passage du jour à la nuit et donne à la tour une présence nocturne sobre et identifiable.
À cette présence lumineuse quotidienne s’ajoutent des scénarios événementiels conçus avec Artisans d’idées, qui transforment ponctuellement la façade en un véritable support de narration lumineuse. La Tour Mohammed VI devient alors une toile verticale en mouvement, capable de faire dialoguer lumière, culture et territoire.
Le drapeau marocain, le croissant de lune, les constellations et les motifs de zellige deviennent tour à tour les éléments d’un récit visuel qui se déploie sur toute la hauteur de la tour. Particules, tracés géométriques et changements de couleurs composent une façade en mouvement, capable d’accompagner les grandes célébrations du calendrier marocain, de l’Aïd au passage à la nouvelle année.
Entre lumière architecturale et scénographies événementielles, le projet accompagne ainsi les différentes temporalités de la Tour Mohammed VI : une présence lumineuse maîtrisée au quotidien et, lors des moments exceptionnels, une façade capable de raconter une histoire, de célébrer une culture et de faire rayonner le bâtiment à l’échelle du territoire.
UNE NOUVELLE HISTOIRE
CITÉ DE L’ARCHITECTURE ET DU PATRIMOINE
Paris, FRANCE
8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe
MAÎTRISE D’OUVRAGE
Cité de l’architecture et du patrimoine
MAÎTRISE D’ŒUVRE
SCÉNOGRAPHES MANDATAIRES
GSM Project
ARCHITECTES
TG Architectes

Installée au cœur du Palais de Chaillot, la Cité de l’architecture et du patrimoine déploie un parcours au sein d’un cadre patrimonial d’exception. Le projet de refonte du parcours permanent concerne la galerie d’architecture médiévale et classique (Galeries Davioud et Carlu) ainsi que la galerie d’architecture contemporaine.
Au sein de la Galerie Davioud, l’éclairage – lié à la trame architecturale – doit être corrigé et complété afin de mieux répondre au volume monumental ainsi qu’aux éléments qui y sont exposés. L’ajout d’un principe lumière central, sous la charpente et dans le sens longitudinal de la galerie, permettra une meilleure flexibilité pour éclairer les éléments pouvant « habiter » l’espace de manière événementielle ou temporaire (maquettes, cimaises, etc.). Par ailleurs, les tympans de la Galerie bénéficieront d’un éclairage d’accentuation dimensionné sous un meilleur angle ; les transitions seront également mieux gérées.
Au-delà de la richesse de la collection, le nouveau parcours se verra rythmé par une alternance d’ambiances lumières diversifiées : la grande déambulation sous verrière, baignée de lumière naturelle diffuse versus les espaces immersifs, clos, offrant des moments apaisés pour le regard du visiteur :
- L’éclairage y est posé par touches, parfois en lien avec le mobilier.
- La teinte de lumière légèrement plus chaude et sur une intensité propre à la contemplation.
Au sein de l’espace adjacent (Galerie Carlu), le contact avec l’extérieur est ici vertical. Pas de verrière zénithale mais un ordonnancement de baies laissant le regard se porter sur la Tour Eiffel. La lumière naturelle y est dense et sa pénétration crée actuellement une hiérarchisation subie au niveau de la scénographie. Pour « ré-enchanter » les collections et les mettre en scène, la lumière doit devenir un matériau scénographique à part entière. Notre stratégie d’éclairage vise à corriger les déséquilibres actuels pour mieux guider le regard, révéler les collections et garantir leur préservation.
L’intervention à venir doit donc prendre en considération les problématiques suivantes :
- Géométrie (distance entre éclairage et moulages),
- Photométrie (répartition de lumière, faisceaux),
- Efficacité lumineuse (tant en termes de quantitatifs de terminaux que de puissance unitaire).
A l’étage, la refonte de l’ambiance lumière de la Galerie contemporaine passe par une hiérarchisation nécessaire à la clarification du contenu et de la visite en général. Cette hiérarchisation s’exprime dans les surfaces éclairées (tantôt surfaces verticales, tantôt surfaces horizontales) et se traduit également par différentes typologies d’éclairage. Une lumière diffuse au droit des portraits d’architectes et une lumière d’accentuation sur les fragments d’architecture, les maquettes et les autres éléments exposés.
Dans les intentions projetées, deux grandes thématiques sont mises en place :
- L’ensemble Fresques-Grandes tables comme origine de lumière : Les appareils d’éclairage, dans leur esthétique, sont intrinsèquement liés à l’architecture. La verticalité retrouvée dans le regard passe par les cimaises, devenant support de lumière. Elles sont tantôt éclairantes (elles portent la lumière), tantôt éclairées.
- La peau architecturale comme guide lumière : En continuité esthétique avec l’ordonnancement des baies, et dans le but de filtrer la lumière du jour, de grandes photographies imprimées dialoguent avec les thématiques déployées sur les tables. De jour, ces portraits d’architectes, ou réalisations phares, accompagnent la déambulation en surimpression avec le paysage. De nuit, ces visuels rétroéclairés s’apparentent à des feuilles de lumière ponctuant et amplifiant la géométrie de la galerie.
Enfin, l’ouverture sur le paysage parisien est quant à elle théâtralisée : des baies non équipées sont maintenues entre ces deux séquences architecturales ; les cadrages de vues sur la Tour Eiffel sont donc quantifiés et choisis selon l’angle le plus favorable.
