ÉQUINOXE DE PRINTEMPS
#33
UNE MISE SUR ORBITE
THE LOOP, RENAULT
Paris, FRANCE
8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe
MAÎTRISE D’OUVRAGE
Groupe Renault
MAÎTRISE D’ŒUVRE
ARCHITECTES MANDATAIRES
Franklin Azzi Architecture
The Loop réinterprète l’ancienne adresse de l’Atelier Renault et lui donne une nouvelle présence sur l’avenue des Champs-Élysées. L’espace, désormais ouvert au public, devient à la fois lieu de découverte et espace commercial. L’architecture contemporaine y dialogue avec la mémoire du lieu, transformant cette adresse emblématique en showroom « signature », visible et accessible depuis l’avenue.
Depuis l’extérieur, le visiteur est naturellement attiré par la grande façade vitrée qui laisse entrevoir la profondeur du volume intérieur. En la franchissant, il pénètre dans un espace central largement ouvert, organisé autour de l’Agora. Au-dessus de celle-ci, un grand plafond en toile tendue rétro-éclairé baigne généreusement le volume principal, assurant un relais à la lumière naturelle.
Autour de cet espace central s’inscrit la Loop, élément structurant du projet.
Au niveau de sa sous-face, deux creux continus accompagnent le regard et dessinent une ligne lumineuse filante. Des luminaires de puissance y sont discrètement intégrés, orientables et graduables, équipés de grilles de défilement. Ils éclairent les véhicules exposés et ponctuent le sol.
Ces deux gestes — le grand plafond lumineux de l’Agora et les lignes de lumière en sous-face de la Loop — constituent l’ossature du projet lumière. Autour d’eux, des dispositifs plus ponctuels accompagnent les usages et les différentes ambiances du lieu. Dans les circulations, des éclairages encastrés à basse luminance guident les déplacements avec sobriété. Les desks d’accueil sont signalés par des lampes posées sur les tables, créant des points de présence. Dans les bureaux et les salles de réunion, des linéaires suspendus et des gorges lumineuses latérales diffusent une lumière douce et maîtrisée. Les alcôves avec assises sont éclairées par des appliques diffuses, tandis que les escaliers sont ponctués d’appliques murales. Dans certains espaces adjacents au volume central, des plafonds en toile tendue rétro-éclairés prolongent l’atmosphère lumineuse de l’Agora.
La lumière évolue au fil de la journée. Le grand plafond central change progressivement de tonalité : autour de midi, un blanc froid presque bleuté accompagne la clarté du jour ; puis, à mesure que l’après-midi s’étire, la teinte se fait plus neutre, avant de glisser vers un blanc chaud et légèrement ambré au début de la soirée. Parallèlement, l’intensité des éclairages s’adapte à la luminosité extérieure, afin de maintenir un équilibre sensible entre l’intérieur du showroom et l’ambiance lumineuse extérieure de l’avenue.
Lorsque les portes se ferment et que le public quitte les lieux, une veille lumineuse s’installe, perceptible depuis la rue. À travers la façade vitrée, l’intérieur semble doucement respirer. Le plafond lumineux de l’Agora se met en mouvement : son intensité varie par pulsations régulières. Par moments, les lignes lumineuses de la Loop s’animent à leur tour. Une vague de lumière traverse alors les creux latéraux, ou bien plusieurs ondes successives les font vibrer. Ces séquences programmées transforment le showroom en véritable présence nocturne : un espace calme mais vivant, qui poursuit son dialogue avec la ville même lorsque l’activité s’est assoupie.
UNE NOUVELLE HISTOIRE
MUSÉE JOSEPH DÉCHELETTE
Roanne, FRANCE
8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe
MAÎTRISE D’OUVRAGE
Ville de Roanne
MAÎTRISE D’ŒUVRE
ARCHITECTES MANDATAIRES
Moatti-Rivière

Depuis la rue Anatole France, l’accès au musée se lit comme une mise en scène urbaine. Dans la perspective, deux parois verticales se dressent avec sobriété. Leur présence affirme un repère contemporain : de véritables portiques de lumière qui cadrent le regard et signalent l’entrée du site. Leur éclat reste volontairement doux, dans un mouvement induit par un dégradé, invitant le visiteur à avancer.
Au sol, la lumière prolonge ce premier geste. Intégrée dans le pavage, une ligne lumineuse continue accompagne la déambulation et structure l’approche. Presque imperceptible le jour, ce balisage devient la nuit un guide discret et rassurant. Il installe un rythme apaisé et oriente progressivement le regard vers le cœur du site : l’Hôtel de Valence.
Le bâtiment patrimonial apparaît alors dans toute sa profondeur. Sa façade est révélée avec délicatesse par une lumière mesurée qui souligne la texture de la pierre et la composition des pleins et des vides. Les arcades sont ponctuées de touches lumineuses précises, suggérant les circulations latérales. Derrière certaines fenêtres, quelques éclats de lumière intérieure témoignent de l’activité du musée, donnant au bâtiment une dimension habitée plutôt que strictement patrimoniale.
À mesure que l’on progresse, un second signal lumineux se détache sur la droite. Il marque la façade vitrée du nouveau musée. À la matérialité de la pierre répond ici la transparence du verre. L’auvent, éclairé depuis sa sous-face, diffuse une lumière douce sur le parvis et devient un signe clair dans la nuit. Ce geste lumineux rend l’entrée contemporaine lisible et accueillante ; un repère à l’échelle du visiteur et de la ville.
Derrière cette façade vitrée s’ouvre l’extension du musée. Depuis l’extérieur, les fonctions ne sont pas immédiatement perceptibles, mais la générosité du volume intérieur se devine. La bibliothèque et le bureau Déchelette prennent place dans cette partie nouvelle : des espaces dédiés au savoir et à la recherche qui enrichissent le musée et participent à son identité, même s’ils restent volontairement en retrait du regard extérieur.
Une fois à l’intérieur, le visiteur découvre un hall en double hauteur. La lumière change alors de rôle et d’échelle. Elle ne se contente plus d’orienter le parcours : elle révèle l’architecture. Un éclairage indirect souligne les arcades et accompagne la verticalité du volume sans éblouir. Les circulations deviennent lisibles, les profondeurs apparaissent, et l’espace s’ouvre progressivement au regard.
