SOLSTICE D’HIVER 2025

#32

UNE MISE SUR ORBITE

MUSÉE BONNAT-HELLEU

Bayonne, FRANCE

8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe

MAÎTRISE D’OUVRAGE
Mairie de Bayonne

MAÎTRISE D’ŒUVRE
ARCHITECTES MANDATAIRES
BLP & associés

ARCHITECTES ASSOCIÉS
Olivier Soupre

© J-F Tremege

Après 14 années de fermeture, le musée Bonnat-Helleu dévoile sa transformation. L’écrin architectural est ici porteur d’histoire. Pour autant, une certaine modernité induite par la refonte du parcours et les cadrages de vues associés lui donne un nouveau visage. La lumière, outil de monstration et de mise en valeur des collections, se doit d’être, elle aussi, un matériau participant au renouveau du musée.

L’éclairage muséal se double ainsi d’un éclairage architectural ; non pas « à côté » mais bien ancré dans un ensemble, une harmonie. La lumière architecturale souligne la présence des décors, amplifie les volumes et participe pleinement à l’image du musée.

L’architecture, sa trame et son dessin historique sont, dans la majorité des salles, mis en valeur par un éclairage indirect délicat. Puis viennent les notions de cadrage de vues, les appels et les perspectives depuis les balcons du niveau R+1, cœur battant du musée Bonnat-Helleu.
La palette colorée mise en place au fil des salles rythme et dynamise le parcours. La lumière s’attache donc à appuyer ces « fonds », tels de véritables paysages, de manière délicate, préparant ainsi le cadre d’une image lumière muséographique.

Pour le présent projet, nous avons tenu à développer un vocabulaire lumière récurrent qui prend place dans les plafonds sous différentes formes. Tantôt en version applique pour des zones de circulations ou en rive d’atrium, tantôt en version encastrée pour les salles muséales.
Des œuvres plus sculpturales, ainsi que les arts graphiques, en dialogue avec les tableaux, seront protégés de la lumière naturelle et bénéficieront d’un éclairage localisé au sein des vitrines.

Le premier contact avec la zone muséale est de nature exceptionnelle et demeure un espace marquant dans le parcours du visiteur ; il s’agit du patio – ou atrium -, espace emblématique du lieu dans lequel le triptyque d’Achille Zo retrouve sa place et sa pleine lumière après restauration.
L’espace bénéficie d’une lumière zénithale généreuse provenant de la verrière. De jour, l’apport de lumière naturelle est important, enveloppant. De nuit, l’installation prévue prend le relais à 100%. Les luminaires prévus au sein de cette verrière sont de deux ordres : un éclairage diffusant qui redessine la structure de la verrière et donne à lire l’intégralité du volume ; puis, lié à la structure de la verrière, un éclairage de rehaut, semi-intensif, dédié au triptyque ouvert sur le ciel. Ces accents de lumière ponctuent enfin le sol du patio et la frise en mosaïque qui le cerne.

Le niveau 2 du musée Bonnat-Helleu se différencie des autres espaces par la lumière naturelle qu’il reçoit depuis les plafonds. Ici, peu de baies vitrées, mais une présence exceptionnelle de verrières historiques retrouvées.

L’image lumière se veut être un écho aux grandes salles muséales du XIXème siècle. Ici, pas d’accentuation. Pas d’effet muséal à proprement parler. Seul le ciel habite et habille ces salles. L’architecture est épurée, dénuée de toute technique invasive ; le regard se porte sur les tableaux dont l’échelle saisit le visiteur.

Selon le type de verrière et/ou contre-verrière, l’éclairage se situe tantôt sur les rives et éclaire les surfaces faisant office de réflecteur, tantôt au droit de la surface vitrée opalescente. Pour chacune de ces deux configurations, l’éclairage est en blanc neutre, diffus et en relais de la lumière naturelle ressentie le jour.

Enfin, par la mise en lumière de son architecture, le musée Bonnat-Helleu offre une nouvelle image annonçant son renouveau aux Bayonnais. L’extension architecturale translucide, située à l’est et tournée vers le square Léo Pouzac, est ressentie depuis le quai de l’Amiral Bergeret. Cette grande verticale éclairée, faite d’écailles de verre, crée le lien entre les rives du fleuve et projette la présence du musée au-delà de l’Adour, devenant ainsi le repère lointain de celui-ci.


UN MOT DE LUMIÈRE

BARTHÉLEMY ETCHEGOYEN GLAMA  

Directeur du Musée Bonnat-Helleu, Bayonne

Dans l’espace du musée, la lumière est un langage.

Elle ne se réduit ni à une fonction ni à une technique : elle est une manière de penser la relation entre les œuvres, l’architecture et le regard. Elle guide l’œil sans le contraindre, suggère des chemins, révèle des présences. Sans mots, elle raconte un parcours, donne une respiration aux œuvres, distingue l’attente de la révélation.

Dans un musée né de strates successives, d’extensions, de reprises, la lumière devient l’un des rares éléments capables d’unifier sans effacer. Elle relie des salles de proportions et d’époques différentes, accompagne le passage d’un univers à l’autre, et permet à chaque œuvre de trouver sa juste distance. Elle ne gomme ni l’histoire du lieu ni la singularité des collections ; au contraire, elle les rend lisibles, sensibles, partageables.

La lumière n’impose pas une émotion : elle en crée les conditions. Elle prépare le regard, ralentit le pas, autorise l’arrêt. Elle soutient l’intensité d’une découverte comme la retenue d’une contemplation prolongée. Elle sait se faire discrète pour laisser l’œuvre parler, ou plus présente pour signaler un moment, un seuil, une inflexion dans le récit du musée.

Par ses variations, ses rythmes, ses silences, la lumière devient une signature. Non pas une signature spectaculaire, mais une écriture continue, presque invisible ; celle d’un lieu qui choisit comment montrer, comment laisser découvrir, comment accompagner le regard jusqu’à l’expérience intime de l’œuvre. En ce sens, l’éclairage n’est pas un simple dispositif : il est un engagement. Une manière d’affirmer qu’un musée ne se visite pas seulement avec les yeux, mais avec le temps, l’attention et la sensibilité.


UNE NOUVELLE HISTOIRE

PASSERELLE GERLAND-LA-SAULAIE

Lyon, FRANCE

8’18’’ Concepteurs lumière de l’équipe

MAÎTRISE D’OUVRAGE
Grand Lyon Métropole

MAÎTRISE D’ŒUVRE
ARCHITECTES MANDATAIRES
Explorations architecture

PAYSAGISTES
D’ici là

© 8’18’’ Concepteurs & plasticiens lumière

À Lyon, la passerelle Gerland – La Saulaie reliera d’ici 2030 le quartier de Gerland à celui de La Saulaie à Oullins-Pierre-Bénite.

Oullins-Pierre-Bénite est une zone urbaine en développement, avec un éclairage urbain à venir qui s’intègrera aux abords existants, avec des températures de couleur allant de 3 000k à 2 700k.  Le parc Gerland, quant à lui, bénéficie d’un éclairage identitaire fortement coloré.

Les typologies de matériels ne divergeront que très peu d’une berge à l’autre : des mâts support d’éclairage de hauteurs variables selon les espaces ou encore des appliques murales sur façades dans les rues plus étroites. Les deux berges du Rhône révéleront des ambiances lumineuses différentes, résultant principalement des différentes températures de couleurs utilisées.

Le projet lumière de la passerelle repose quant à lui sur ce contraste coloré, voulant créer une traversée « chromatique », à l’échelle de l’ouvrage.

À l’image des deux zones qu’elle relie – l’une urbaine, l’autre paysagère –, la lumière de la passerelle évoluera d’une rive à l’autre : d’un blanc chaud à un dégradé de teintes allant jusqu’à des couleurs saturées et aléatoires.

Les luminaires seront intégrés dans les mains courantes pour offrir une solution technique simple et continue tout au long de la passerelle. Le câblage sera dissimulé et non visible, tandis que le flux lumineux sera entièrement orienté vers le sol.

Les luminaires seront répartis de manière ponctuelle, soit linéaire, soit sous forme de points LED, régulièrement espacés selon la trame des montants verticaux des garde-corps. Pour apporter la touche de couleur, un système de filtres sera placé devant chaque source lumineuse. Ainsi, tous les appareils auront les mêmes caractéristiques techniques, ce qui facilitera les opérations de maintenance.